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L'apprentissage.
Faire le bon lien entre
le comportement et la conséquence.
Les chiens apprennent par association,
c'est à dire qu'ils font "naturellement" le
lien entre un comportement et une conséquence. Les humains
rendent le principe un peu plus complexe en leur demandant de
faire les liens entre un commandement, un comportement et une
conséquence. Les chiens sont tout à fait capables
de faire ces liens plus complexes, mais encore faut-il leur expliquer
clairement.
Une erreur très courante
faite par l'humain mais imputée au chien est de faire
de mauvais liens entre un comportement et sa conséquence.
Par exemple, vous voyez votre chien couché sur le lit
alors que vous ne voulez pas qu'il y monte. Votre premier réflexe
sera de l'en faire descendre en le disputant "Mauvais chien,
je t'ai dit de ne pas monter sur le lit". La fois suivante,
en vous apercevant, votre chien descend lui-même du lit
mais vous le punissez quand même d'y être monté.
Pourtant, votre chien a fait exactement ce que vous lui avez
appris: à descendre du lit en vous voyant arriver. Si
vous ne voulez pas que votre chien monte sur le lit, vous devez
lui apprendre à ne pas y monter.
Lorsque vous voulez apprendre
quelque chose à votre chien, pensez bien au lien que le
chien fera. Si vous dites non au moment même où
il monte, il apprendra à ne pas monter. Si vous le punissez
d'avoir été sur le lit et le faites descendre,
il apprendra à descendre quand il vous voit. La punition
ou l'encouragement n'auront d'effet que sur le comportement que
le chien a au moment même où cette punition ou cet
encouragement surviennent.
Renforcement d'un comportement.
Le lien entre un commandement
et un comportement se fait très facilement, en autant
que celui-ci soit immédiat. Dites "assis" au
moment même où votre chien s'assoit et après
quelques répétitions, le chien fera le lien entre
le commandement "assis" et le comportement de s'asseoir.
Pour qu'il accepte de bon gré de s'asseoir, donc d'obéir
au commandement, il est bon d'utiliser ce que l'on appelle le
renforcement. Le renforcement pourrait être défini
comme le lien entre le comportement et la conséquence.
En utilisant le renforcement, nous influençons la persistance
d'un comportement.
Il y a quatre principes de
base en renforcement: le renforcement positif, le renforcement
négatif, la punition ou l'extinction.
Le renforcement positif: il s'agit d'ajouter une conséquence
positive à un comportement afin d'encourager ce même
comportement. Par exemple: "Bon chien", gâteries,
caresses quand votre chien obéit à un commandement.
Le renforcement négatif: il s'agit d'enlever une conséquence
négative à un comportement que l'on veut encourager,
donc le retrait d'une punition lors du bon comportement. Par
exemple: vous tirez sur la laisse de votre chien lorsque celui-ci
tire trop lors des ballades. S'il ne tire pas, vous ne tirez
pas.
Punition: donner une conséquence négative
à un comportement que l'on veut voir disparaître.
Par exemple dire NON lorsque le chien aboie.
Extinction: retrait d'une conséquence
positive à un comportement que l'on veut voir disparaître.
Par exemple, votre chien vient vous voir, aboie après
vous et vous lui donnez une gâterie. Cessez les gâteries
et il cessera d'aboyer.
L'apprentissage.
Avec de la patience et de la
constance vous pouvez apprendre n'importe quoi, ou presque, à
votre chien. Que ce soit pour les commandements de base (assis,
couché, reste, etc.) ou des trucs particuliers (faire
le mort, ramper, donner la patte, etc.) les principes de base
reste les mêmes.
Il est d'abord important de
faire la distinction entre apprentissage et obéissance.
Apprendre à un chien ce qu'il doit faire quand on lui
dit "Assis" c'est de l'apprentissage. Lui apprendre
qu'il doit le faire chaque fois qu'on lui dit le mot "Assis"
c'est de l'obéissance. La nuance entre les deux est importante,
car la punition ne devrait survenir qu'en obéissance,
lorsque l'on est certain que le chien a compris ce qu'il devait
faire lorsqu'on lui dit "Assis". Quand il le sait,
et qu'on en est certain, alors là et seulement là
on peut punir le chien de ne pas vouloir le faire. Si on me demande
de m'asseoir en chinois et que je ne le fais pas, je ne désobéis
pas, je ne comprends tout simplement pas ce que l'on me demande.
La punition sert à démontrer
notre désapprobation au chien qui refuse d'obéir,
les punitions verbales (NON, AIE grogné, etc.) sont la
plupart du temps suffisantes. Les punitions physiques ne font
du bien qu'aux "nerfs" du maître. Elles rendent
de plus les chiens craintifs et même quelquefois agressifs.
Certains outils, tels les "chockers"
(ou étrangleurs, ou colliers coulissants), les haltis,
les "gentle leader", etc. peuvent être utiles
dans certains cas mais il est important de bien savoir les utiliser
et de se souvenir qu'il s'agit d'outils d'apprentissage, ils
ne devraient donc pas être utilisés en permanence.
Il n'y a pas de mauvais outils, mais il y a très (trop)
souvent de mauvaises utilisations de ceux-ci.
À retenir:
- Le chien apprend par association : un comportement = une conséquence
- Il faut toujours penser en fonction des liens que le chien
fait entre le comportement et la conséquence : flattez
votre chien pendant qu'il grogne à la vue d'un enfant,
il apprendra à grogner à la vue d'un enfant.
- Il faut se demander si la conséquence est bien associée
au comportement que l'on veut encourager ou voir disparaître:
vous lui apprenez à descendre du lit ou à ne pas
y monter ?
- La conséquence doit survenir au même moment que
le comportement : punir entre 2 aboiements, vous punissez le
silence.
- Le renforcement positif est tout à fait adapté
à un bon apprentissage.
- La punition ne doit jamais survenir lors de la période
d'apprentissage.
- Les outils d'apprentissage demeurent des outils d'apprentissage
et ne devraient pas être utilisés en permanence.
Si vous êtes dans l'obligation de les utiliser longtemps,
c'est que l'apprentissage n'est pas fait de façon adéquate. |